soleil LEVANT

Le soleil se lève de nouveau sur Le Havre…
 
En 1872, Claude Monet peignait, depuis le Grand quai, cette vue du port du Havre au soleil levant, qui allait donner son nom à l’impressionnisme. Pendant quatre semaines, du 10 septembre au 8 octobre 2017, le chef-d’œuvre absolu du maître revient dans la ville qui l’a vu naître.
Aux côtés d’Impression, soleil levant et de plusieurs autres toiles de Monet, le MuMa réunit une trentaine d’œuvres de Joseph Mallord William Turner, Gustave Le Gray, Eugène Boudin, Félix Vallotton et Raoul Dufy, qui tous, ont travaillé au Havre et se sont intéressés à la manière dont ils pouvaient, avec leurs propres moyens picturaux, traduire la fugacité d’un instant, fixer sur la toile la beauté éphémère d’un ciel, des mouvements de la mer, ou de la course du soleil.
Une exposition-événement, qui prolonge l’été en beauté et clôt le programme des manifestations organisées dans le cadre des 500 ans de la ville du Havre.
 
Impression(s), soleil
Grâce à la générosité du musée Marmottan Monet,  Impression, soleil levant revient pour la première fois de son histoire, dans la ville où Claude Monet l’a peint, en 1872. « Œuvre universelle », « chef d’œuvre absolu », cette vue du port du Havre peinte au petit matin alors que le soleil levant émerge de la brume, a donné, malgré elle, son nom à l’impressionnisme. Achetée l’année de sa participation à la première exposition impressionniste en 1874, elle tombe dans l’oubli et ce n’est que progressivement et tardivement qu’elle acquiert sa notoriété et son statut de « chef d’œuvre ».
Son retour au Havre, non loin du Grand Quai devenu quai de Southampton, où Monet l’a peinte, 145 ans plus tôt, depuis une chambre d’hôtel, offre cette chance unique de pouvoir contempler l’œuvre et son sujet. Cette proximité permet de (re)vivre l’émotion ressentie par l’artiste devant ce spectacle fascinant du levant, de s’interroger sur ce qui fait la poésie particulière de ce tableau et des moyens mis en œuvre par l’artiste pour y parvenir. Enfin, l’oeuvre permet ce retour vers le sujet et de regarder, peut-être d’un œil neuf, ce paysage portuaire et industriel du Havre.
 
Mais Claude Monet n’est pas le seul à avoir peint Le Havre et sa lumière.
Autour d’Impression, soleil levant, l’exposition « Impression(s), soleil » réunit une trentaine d’œuvres de cinq artistes majeurs du XIXe siècle et des premières décennies du XXe siècle : William Turner, Gustave Le Gray, Eugène Boudin, Félix Vallotton et Raoul Dufy.
 
Avant ou après Monet, tous ont séjourné au Havre et se sont intéressés à son port, à son activité, à ses mutations, à ses lumières. Côté cour, à l’Est, vers le levant, Le Havre est un port moderne, actif, vivant. Côté jardin, à l’Ouest, en direction du couchant, une longue plage incurvée où le regard se perd dans la contemplation des infinis marin et céleste. Le Havre, c’est encore une lumière particulière, celle de l’estuaire de la Seine, légère, changeante, avec des colères sublimes, des embrasements somptueux, des clartés limpides. Le Havre offre donc, au XIXe siècle, une gamme infinie de motifs à des artistes désormais en quête de sujets neufs, de cette modernité que Baudelaire définit comme « le transitoire, le fugitif, le contingent ».
 
En se focalisant sur la représentation du soleil, levant ou couchant, moment éphémère qui offre un spectacle toujours renouvelé, l’exposition « Impression(s), soleil » met en évidence des filiations, des regards croisés, des jeux d’influence, autour d’une même source d’inspiration. Elle  interroge le processus créatif lui-même : comment saisir un moment aussi fugace que le passage de la nuit au jour et du jour à la nuit ? Comment restituer une impression ? Quels processus sont mis à l’œuvre pour y parvenir ?
 
Chacun des six artistes apporte sa propre réponse. Monet lui-même évoluera, tout comme Boudin, dans la manière de peindre l’instant. La rapidité d’exécution ne sera pas toujours la solution à ce défi que représente un sujet mouvant, et on s’étonnera de la diversité des propositions artistiques. De même pourra-t-on observer que Le Havre, qui prête son cadre à ses recherches esthétiques, ne sera pas traité par les uns et par les autres de la même façon. Paysage réel dont on peut nommer les éléments pour certains, paysage recomposé, à dessein ou de mémoire, pour d’autres, il peut devenir aussi une abstraction réduite à une ligne d’horizon entre ciel et mer. Au terme, quel est le sujet des œuvres présentées ? une ville ? un port ? une activité ? le soleil ? la lumière ? Un peu tout à la fois et chaque oeuvre est une réponse à ce choix. Monet ne disait-il pas « Le paysage… n’est qu’une impression, et instantanée… J’avais envoyé une chose faite au Havre, de ma fenêtre, du soleil dans la buée et au premier plan quelques mâts de navires pointant…On me demande le titre pour le catalogue, ça ne pouvait vraiment pas passer pour une vue du Havre ; je répondis : "mettez Impression" ».

Direction :
Annette Haudiquet, Conservateur en chef au MuMa
musée d'art moderne André Malraux, Le Havre 

MONET, Soleil d'hiver, Lavacourt

" Œuvres commentées " MONET, Soleil d'hiver, Lavacourt Claude MONET (1840-1926) Soleil d'hiver, Lavacourt 1879-1880huile sur toile55 x 81 cm© MuMa Le Havre / David Fogel En septembre 1878, la famille Monet s'installe à Vétheuil, sur les berges de la Seine, à une cinquantaine de kilomètres en aval de Paris.