GALERIE BELEM

La Galerie Belem  présente du 13 février 2019 au 31 mars une exposition de groupe « Sacrés Femmes ».

Quatre artistes, Almagul Menlibayeva ( Kazakhstan), Aidan Salakhova (Azerbaïdjan), Nazanine Pouyandeh (Iran), Hermine Hammam (Egypte).

Autour du travail de ces femmes, la galerie a souhaité établir un dialogue, des correspondances avec des œuvres anciennes du 16ème au 19ème siècle sur des thèmes religieux ou mythologiques. La cosmogonie du panthéon hindou, les récits des miniatures persanes, les lingas de pierre trouvent une résonance incarnée auprès de ces nouvelles égéries féministes et libérées. Ces quatre femmes puissantes dans le monde de l’art, à la fois sorcières et démiurges, à l’abri de la loi oppressive de la religion et des hommes, tentent de transmettre l’essence de leur féminité, leur rapport au divin et réinventent pour nous dans la ferveur, un monde enchanté et composite. .....

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Aidan Salakhova est née en 1964 à Moscou . Elle est diplômée de l’institut d’Art d’état Surikov où elle continue d’enseigner depuis 2002. Depuis 1990 elle a eu plus de 30 expositions à Moscou, St Petersburg, New York, Berlin, Paris, Bakou et d’autres villes et aussi participé à plusieurs biennales à Venise . Elle a été aussi, comme galeriste, une des figures les plus importantes de l’art contemporain en Russie. Son œuvre sculptée et dessinée explore l’identité énigmatique et complexe de la femme aujourd’hui en jouant avec les codes de l'Islam et ses interdits tout en les détournant. Elle utilise un langage visuel poétique et archaïque qui prend source dans le vocabulaire décoratif des enluminures coraniques et des icônes byzantines. Dans le berceau de la culture d'Azerbaïdjan dont elle est issue, élevée dans une ère post-soviétique mais formée à l’art occidental, elle associe la tradition avec les combats du féminisme. Ainsi le voile, accessoire symbolique récurrent devient la métaphore de l’âme des femmes, une caresse sourde qui révèle l’intériorité, la quête Spirituelle, en annihilant la charge de l’oppression et du patriarcat . Point de visages ni d’identité derrière le niqab. Au delà du camouflage, la chorégraphie délicate qui anime ses mains blanches en prière seule rend compte de l’universalité du geste, du recueillement, de la transcendance mystique dans la tradition des saintes baroques. Ses livres en marbre poli ouvrent leurs pages vierges et de la même manière neutralisent la loi, les règles, qui détruisent les vraies sensations et nous incitent à retourner à la vérité et à la volupté.

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Nazanin Pouyandeh, née à Téhéran en 1981 est une artiste peintre iranienne qui vit et travaille à Paris. Arrivée en France à 18 ans, elle étudie à l’école des Beaux Arts dans l’atelier de Pat Andrea. Dans ses paysages mentaux colorés, Nazanine se nourrit de la poésie des miniatures persanes et de ses jardins fabuleux. Ses tableaux mettent en scène des jungles fiévreuses, des forêts tissées, épaisses comme des tapis, d’où sortent un bestiaire fantastique, des créatures zoomorphes. Des brasiers ardents y consument les personnages et la persistance du feu, symbole du divin qui ne doit jamais s’éteindre, prend sa source dans la religion pré-islamiste des perses, le zoroastrisme. Les femmes abandonnées à leur sauvagerie et à leur animalité se livrent à des cérémonies secrètes, des chasses, ou des sacrifices d’animaux, allant jusqu’au meurtre rituel mais aussi des exorcismes et des mutilations. Écho douloureux d’un exil forcé et de ses blessures familiales. Elle associe dans une même femme universelle, parfois des auto-portraits, les figures de la mésopotamienne Ishtar (déesse de l’amour et de la guerre associée à Venus), les déesses de l’empire perse mais aussi celles de la Grèce antique sous la forme de méduse ou de centauresse.

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Hermine Hamman est une artiste née en Égypte, scolarisée en Grande Bretagne qui a étudié le cinéma à l'université de New-York. Elle se réfère à plusieurs esthétiques, convoque autant les civilisations orientales que l’histoire de l’art, le documentaire et les figures mythiques Elle a suivi dans les rues les soldats égarés de la révolution égyptienne et les utopies du printemps arabe. Elle s’interroge sur la construction des genres qui définissent notre société et les fausses perceptions de la masculinité dans le monde arabe contemporain. Qui impose ces stéréotypes, où se cache cette main invisible et qui est ce qui la manœuvre ? Comme des poupées vaudou, ses femmes guerrières, successeurs de la déesse de l’Egypte ancienne Maat évoquent les transformations de l’art, le pouvoir, un appel rituel à la restauration de l’harmonie. Ces œuvres sont une célébration de la symbolique archaïque qui ramène aux vérités anciennes, cachées sous le mince vernis de la politique de l’idéologie et de la religion.

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Almagul Menlibayeva est une artiste née à Almaty en 1969. Elle vit et travaille entre sa ville natale et Berlin. Elle a grandi dans un Kazakhstan occupé par l’URSS et fait ses études à l’institut des Beaux Arts d’Almaty. À la recherche d’une identité, elle s’intéresse de près aux anciennes religions qui ont influencé son pays à différentes périodes. Le Tengrisme qui se caractérise par des croyances animistes, chamanistes, totémistes et le culte des ancêtres. Une des figures récurrentes est Umai qui représente à la fois la fertilité et la virginité. Elle tente de restaurer la mémoire après 80 ans de domination soviétique et de génocide culturel. « J'utilise des moyens d’expression spécifiques dans l’art moderne et contemporain comme moyen d’investigation de mon atavisme archaïque personnel en temps qu'anthropomorphisme mystique. En d’autres termes j’explore la nature d’un égrégore spécifique, une expérience psychique culturelle partagée ». Ses photographies, ses vidéos et ses performances restaurent ainsi la voix des peuples nomades, son incarnation dans les steppes arides et poussiéreuses situées entre la mer Caspienne Baikonour et l’Altai au Kazakhstan d’aujourd’hui.

Galerie Belem - Benamou, Lagié, Maxé - Art contemporain